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| Né en 1957, François Schmidt vit et travaille à Reims. Graveur de formation, il se consacre totalement depuis 2003 à l'illustration et au dessin. Il expose régulièrement en France et à l'étranger. En 2005 il a présenté son travail au Bénin, en Guinée et en Jordanie. Son trait à l'encre de chine, ses détails très fouillés, son humour et la faible place accordée à la couleur caractérisent son travail. Il a illustré une dizaine de livres pour la jeunesse et tout public en particulier "Le Tyran, le Luthier et le Temps" aux éditions de l'Atelier du Poisson Soluble et le "Bric à Mots" aux éditions de la Renarde Rouge. Il travaille régulièrement pour le monde du Champagne. |
| Dans les dessins
de François Schmidt. On ne se balade pas dans un dessin de François Schmidt. On y plonge. On s’y perd, avec le doux plaisir de ne pas vouloir retrouver la sortie. Tout y est vie, multitude, curiosité, sorte de grands labyrinthes aussi touffus que précis. Les détails du trait donnent vie, les chemins traversés proposent des rencontres et des anecdotes insolites, et le voyage forcément allègre de l’œil nous appelle vers d’autres rêves. L’imaginaire de François Schmidt a ceci d’extraordinaire qu’il est une poésie universelle où chaque visiteur a carte blanche pour y jouer son rôle, conter son histoire, et replonger parfois dans les rêveries de jeunesse. Ses dessins semblent être infinis. Passée la première maison dans les arbres, on souhaite déjà visiter la suivante, se demander si ses occupants se côtoient ou s’ils se surplombent… tant tout est surprise pour le regard avisé : observer, c’est en effet trouver dans les basses herbes, un monde de petits hommes, de femmes nues ou quelques messages savamment distillés. François Schmidt dessine à l’encre de chine, relatant son imaginaire dans une ode au noir et blanc où les couleurs sont juste assez rares pour être opportunes. « … je dessine avec une précision presque maniaque qui m’oblige à des règles absurdes (…) je trace vraiment les choses qu’il y a derrière les choses ! » dit-il. C’est la beauté de son travail, car de cet infini, de dessins derrière les dessins, s’ouvrent les portes de l’imaginaire. Emmanuel Uroz Janvier 2004 |
" Est-ce une légende, est-ce un conte ? " Peut-être et c’est tant mieux. Car il est plaisant d’imaginer que François ait pu vivre son enfance dans la boutique d’un marchand de couleurs. On imagine les pots Ripolin, des rouleaux de papiers peints et tout un fouillis d’ustensiles et de produits aux vertus décapantes, siccatives ou protectrices. Qui n’a rêvé, enfant, d’être marchand de couleur ? C’est aussi beau qu’un arc-en-ciel et surtout c’est un trésor inépuisable de bricolages et d’inventions plus ou moins perverses. Que la vérité biographique de François SCHMIDT soit un peu fardée est de peu d’importance. Il suffit de regarder d’un peu près les produits de sa passion pour se convaincre du bien fondé de l’hypothèse. Il dessine de drôles de fictions derrière ses petites lunettes rondes. Ce sont des maisons biscornues, des animaux fabuleux, des bateaux bizarres, toutes choses étranges et minutieuses, fourmillant de détails insolites et précis, animés d’une vie foisonnante et comme sorties tout droit d’un conte de fée ou d’un rêve mi-rose, mi-noir. …. De temps en temps la couleur y passe. Elle est rare. C’est qu’elle est précieuse. De tout ce bric à brac, on fait sa pelote avec plaisir. Il faut regarder, regarder encore, saisir un fil et pénétrer dans le labyrinthe. Si vous n’êtes pas dévorés par le Minotaure, vous avez gagné un voyage en bateau montgolfière. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Bernard WEBER |